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La santé en lutte

« Sans nous, l’hôpital ne tourne pas » : Plusieurs services en grève au CHU de Toulouse

À Toulouse, plusieurs grèves du personnel de l’hôpital ont éclaté pour demander des meilleures conditions de travail et des augmentations de salaire pour pouvoir soigner dignement la population.

Eugénie Tobhnom

17 janvier

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« Sans nous, l'hôpital ne tourne pas » : Plusieurs services en grève au CHU de Toulouse

Crédit Photo : RP Toulouse

Ce mardi 16 janvier, plusieurs grèves ont éclaté à l’hôpital de Purpan à Toulouse, mais aussi à l’hôpital psychiatrique. Les aides-soignant·e·s de l’hôpital psychiatrique, à partir d’un appel du syndicat SUD, se sont mis en grève illimitée pour demander plus d’embauches et de lits pour mieux accompagner les patients. Ils ont appelé à un rassemblement devant le bâtiment de psychiatrie à 14 heures. Plusieurs dizaines de grévistes étaient présents au rassemblement.
 
« C’est très difficile pour nous. On n’arrive plus à soigner les patients correctement, on manque cruellement de personnel et de lit » nous raconte une aide-soignante. Elle poursuit : « On nous méprise et cela impacte gravement les patients ». Les représentants syndicaux ont essayé d’aller négocier avec les directions qui, pour le moment, refusent toujours d’ouvrir des postes et d’ouvrir des lits.
 
Le même jour, à l’hôpital de Purpan à Toulouse, signe du délabrement généralisé de l’hôpital, une vingtaine d’agent·e·s du nettoyage de ONET se sont également mis en grève à l’appel de la CGT ONET pour des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail. Plus précisément, leurs revendications sont les suivantes : la fin des convocations des agent·e·s pour des entretiens disciplinaires, aucune sanction contre les agents qui ont été convoqués, l’arrêt des pratiques de harcèlement, le remplacement de la responsable de site de Pierre-Paul Riquet, le respect de la réglementation concernant l’apparition des droits aux congés acquis sur les fiches de paye, la mise en place d’une prime de pénibilité, la mise en place d’un treizième mois, des embauches à la hauteur des besoins et le remplacement de l’absentéisme, la mise à disposition de tenues adaptées contre le froid et le respect du temps de travail, des congés et des repos.

 
Une des grévistes nous raconte : « On fait tout le ménage de tout l’hôpital : bloc opératoire, chambre, salle d’IRM etc.. C’est un travail très fatigant. On doit tout faire en très peu de temps et le protocole de bionettoyage est un protocole aussi éreintant. On est même mis en danger avec les radiations ». Les agent·e·s de nettoyage d’ONET subissent des conditions de travail terribles, les mettant même en danger tout en faisant face à un véritable mépris. « On nous donne toujours plus de travail et on nous paie une misère. Ils ne cherchent que le profit, sans penser aux patients », « avec mon salaire et l’inflation, je ne peux plus subvenir à mes besoins et à ceux de mes enfants. ». Ce sont les plus précaires qui font tenir l’hôpital public. Sans eux et sans tous les soignant·e·s l’hôpital continuerait de tomber en lambeau, « sans nous, l’hôpital, il ne peut pas tourner ».
 
Ce midi, des représentants syndicaux sont allés négocier avec la direction du service de nettoyage d’ONET. En est ressortie une première victoire pour les grévistes, la responsable de site de Pierre-Paul Riquet sera remplacée à partir du 26 janvier. Pour les autres revendications, les grévistes ont un autre rendez-vous avec la direction jeudi.

Ces grèves sont le résultat de la mise à l’abandon de l’hôpital publique de la part du gouvernement depuis plusieurs années. Quelques jours après sa prise de fonction, Gabriel Attal a annoncé un budget de 32 milliards d’euros supplémentaires sur les cinq années à venir pour le système de santé. Une communication de façade qui ne répond pas du tout au besoin immédiat dont nécessite l’hôpital public. Un effet d’annonce alors que cela permet de combler certes l’inflation, mais sans résoudre le problème plus profond des conditions de travail des travailleur·euses et des conditions d’accueil des patient·e·s qui sont toujours plus désastreuses.
 
L’hôpital public subit depuis trop longtemps les politiques d’austérité et la casse des services publics de la part du gouvernement de Macron. Pour y faire face, ça ne sera pas avec Attal et ses annonces de façades, cela se fera avec les travailleur·e·s de l’hôpital qui payent le prix de ces mesures d’austérité et de l’inflation. C’est en étant solidaires des luttes des personnels de l’hôpital qui se battent pour des meilleures conditions de travail, pour l’augmentation des salaires que nous pourrons soigner le système de santé que les capitalistes détruisent au quotidien.


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