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23 septembre

Pour l’amnistie de tou·te·s les révolté·e·s, contre l’offensive autoritaire : manifestons le 23 septembre !

Ce samedi, des marches sont appelées nationalement pour manifester « contre les violences policières, le racisme systémique et pour les libertés publique ». Il faudra y être nombreux, contre les attaques autoritaires et racistes comme l’interdiction de l’abaya et pour exiger l’amnistie pour tous les révoltés réprimés après la mort de Nahel, et toutes celles et ceux poursuivi-e-s pour avoir lutté !

Gabriel Ichen

18 septembre 2023

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Pour l'amnistie de tou·te·s les révolté·e·s, contre l'offensive autoritaire : manifestons le 23 septembre !

Avec sa rentrée centrée sur l’interdiction des abayas et le retour de « l’autorité » à l’école, Macron poursuit ces dernières semaines la tentative de contre-offensive initiée, pour diviser les travailleurs qui ont exprimé une très large unité pendant le mouvement contre la réforme des retraites, et en réaction aux révoltes des quartiers populaires suite à la mort de Nahel.

Contre la jeunesse des quartiers populaires qui exprimait sa colère contre le crime policier de trop, l’État avait mobilisé fin juin un dispositif policier inouïe, entraînant un déchaînement de violences policières et la mort d’un jeune à Marseille. Depuis, la répression, qui a également conduit à des interpellations massives, a débouché sur plus de 2000 condamnations et à des peines de prison ferme pour de nombreux jeunes.

Une offensive de grande ampleur qui résonne avec l’acharnement policier et judiciaire qui touche le mouvement ouvrier et le mouvement écologiste, à l’image des 400 militants syndicaux de la CGT Énergie visés par des poursuites judiciaires suite à leur mobilisation combative contre la réforme des retraites ou encore du procès de militants syndicaux et écologistes de Sainte-Soline.

Face à la vitalité de la lutte des classes ces derniers mois, le cap pour les semaines et mois à venir, donné par Macron en juillet dernier, est clair : « l’ordre, l’ordre, l’ordre ». Pour tenter d’écraser la colère exprimée ces derniers mois, l’heure est donc au durcissement autoritaire et aux attaques islamophobes, alors que se prépare la loi immigration et que la police réclame toujours plus d’impunité.

Dans ce cadre, il faudra être nombreux à la « marche unitaire contre les violences policières, le racisme systémique et pour les libertés publiques » appelée ce samedi 23 septembre par 148 organisations syndicales, politiques et associatives. Soutenue par un large arc de forces, allant des organisations du mouvement antiraciste et contre les violences policières aux organisations syndicales comme la CGT, la FSU, Solidaires, celle-ci doit être l’occasion de commencer à discuter de la stratégie à défendre pour organiser la riposte face au durcissement autoritaire.

Dépasser les perspectives institutionnelles pour affronter l’offensive autoritaire

Sur ce plan, comme dans le communiqué du 5 juillet dernier, l’appel à la mobilisation du 23 septembre reste empreint d’illusions institutionnelles, dont témoigne l’idée que « l’institution policière […] remet en cause l’État de droit, plutôt que de mettre fin à l’impunité des auteurs de violences policières » ou les revendications portées, qui exigent une « réforme en profondeur de la police » et la mise en place de « moyens de lutte contre le racisme, y compris dans la police ».

A l’heure où le régime de la Vème République doit faire face à une crise de plus en plus profonde, et alors que les policiers se sont mobilisés ces derniers mois pour défendre leur impunité, cette approche parie sur la possibilité d’une réforme de la police. Une perspective non seulement impuissante mais utopique face à une institution structurellement raciste, dont le rôle fondamental est le maintien de l’ordre établi, par l’écrasement des mobilisations et l’oppression raciste des quartiers populaires. Contre toute illusion de réforme de la police, l’heure devrait être à remettre en question ses fondements même, en exigeant notamment la dissolution immédiate des corps spéciaux de la police.

Plus largement, ces revendications laissent penser qu’il serait possible de faire reculer l’offensive autoritaire en cours par petites touches, au travers de revendications partielles de réforme des institutions. C’est ignorer que la multiplication des attaques ces dernières années, le durcissement de la répression ou encore l’impunité croissante constituent une réponse à la profonde crise en cours et aux contestations qu’elle génère.

Dans ce cadre, c’est bien la construction d’une riposte d’ensemble qui peut permettre de faire reculer les attaques autoritaires. Or, sur ce plan, si la mobilisation d’organisations du mouvement ouvrier est progressiste, le fait de s’en tenir à une journée de manifestation un samedi pour organiser la rentrée sociale est en décalage avec l’enjeu de construire un véritable rapport de forces face au gouvernement. Alors que cette attitude résonne avec le refus répété ces dernières semaines de Sophie Binet ou de Marylise Léon de prendre « une revanche » sur le gouvernement, c’est pourtant bien d’un plan de bataille offensif que nous aurions besoin.

Pour l’amnistie de tous les révoltés, contre les offensives islamophobes : construisons la riposte !

Face à l’offensive du gouvernement, il y a urgence à construire une riposte qui puisse réellement permettre d’en finir avec le durcissement autoritaire. Alors que des centaines de jeunes réprimés des révoltes des quartiers populaires dorment toujours en prison, et que de nombreux syndicalistes et manifestants sont poursuivis par la justice, celle-ci implique de commencer par exiger la libération immédiate et l’amnistie pour tous les révoltés.

Une revendication essentielle pour contrecarrer la terreur que tente d’instaurer l’État, mais aussi pour faire bloc aux côtés des réprimés et montrer une solidarité sans faille. De ce point de vue, l’affirmation dans le communiqué d’appel de la CGT que « les dégradations de services publics, de commerces » commises « à la suite du décès de Nahel, ont détérioré encore davantage les conditions de vie et de travail » participe d’une rhétorique extrêmement problématique qui, au lieu de faire bloc face à la répression d’État, instille l’idée qu’il y aurait dans ces révoltes, des intérêts opposés au monde du travail.

Dans le même temps, combattre le « racisme systémique » comme le pointe le communiqué implique de combattre sans ambiguïté l’offensive raciste en cours qui, avec l’interdiction de l’abaya dans les écoles, vise à nouveau à stigmatiser les personnes musulmanes ou assimilées comme telles. Alors que celle-ci donne actuellement lieu à un harcèlement islamophobe dans les établissements, il est central, à rebours des récentes déclarations de Sophie Binet, numéro 1 de la CGT, de s’opposer fermement à cette interdiction et plus largement d’exiger l’abrogation de la loi de 2004 qui sert de support à cette attaque.

Enfin, pour que la date du 23 septembre ne soit pas une mobilisation sans lendemain, il faut l’inscrire comme une première étape dans la construction d’une véritable riposte antiraciste, ouvrière et populaire contre la déferlante répressive en cours, articulant refus des mesures sécuritaires et racistes et programme contre la misère sociale et l’inflation qui s’abat sur les travailleurs et les classes populaires. Une perspective qui doit rapidement poser la question du plan de bataille permettant d’arracher réellement des revendications à la hauteur de l’offensive.

C’est avec ce programme et autour de cette logique que Révolution Permanente manifestera ce 23 septembre. Nous invitons toutes celles et ceux qui se retrouvent dans cette approche à nous rejoindre à Paris, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Montpellier, Mulhouse et dans de nombreuses autres villes !


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