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Paris 8. L’IED menace d’augmenter de 15% les frais pédagogiques

L’institut d’étude à distance de l’université Paris 8 a pour projet d’augmenter les frais d’inscriptions pour ses formations de 15% pour la rentrée prochaine, faisant passer certaines formations à plus de 2200€ par an. Une possible nouvelle attaque contre les étudiant.es les plus précaires et l’université publique.

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Paris 8. L'IED menace d'augmenter de 15% les frais pédagogiques

L’IED compte faire payer la crise aux étudiant·es

En mars, lors de la CFVU mensuelle, un des conseils centraux de l’Université dans lequel des membres du Poing Levé sont élus, la direction de l’Institut d’étude à distance (IED) de l’université Paris 8 a transmis son projet d’augmentation des frais pédagogiques de 15% pour la rentrée 2024/2025. Les formations proposées par cet institut, déjà onéreuses, pourraient coûter jusqu’à 2263€ par an pour un master. Ces frais pédagogiques sont des frais supplémentaires que doivent payer les étudiant·es de l’IED, liés selon le site de l’université « aux actions d’accompagnement, d’évaluation et de formation ». Des frais à la répartition floue qui ne rentrent même pas dans le dispositif d’exonération censé aider les étudiant·es boursier·ères. À cette note salée, il faut ajouter la fin du tarif exceptionnel pour les étudiant·es boursier·ères dans les parcours de l’Institut d’Etudes Juridiques (IEJ) qui devront payer, en plus des 100 euros d’inscription aux concours, 460 euros de frais pédagogiques, alors qu’ils et elles n’en payaient que 200 l’année dernière. 


Pour justifier cette augmentation, l’argumentaire transmis lors du conseil évoque l’inflation, ainsi que la revalorisation des salaires des fonctionnaires. En d’autres termes, la direction compterait faire payer la crise inflationniste aux étudiant·es, déjà confronté·es à une précarité structurelle, comme le montrait l’enquête menée par Le Poing Levé ces derniers mois. Les étudiant·es sont aussi confronté·es à un système méritocratique qui les placent dans une situation de détresse psychologique très forte. Une étudiante témoigne sur le compte Instagram « Collectif IED » : « Les examens de janvier ont été un cauchemar pour moi... Entre l’anxiété et le manque de sommeil, je me suis retrouvée dans un état de détresse psychologique que je n’avais jamais connu auparavant ».

L’IED, le choix du mépris et du déni démocratique

Cette nouvelle attaque envers les étudiant·es de l’IED s’inscrit dans une lignée d’offensive contre les étudiant·es de l’institut d’étude à distance. En effet, ces dernier·ères ont été maintenu·es sans représentant·e au sein du Conseil de l’IED  depuis 2019, malgré les mandats de deux ans prévus dans leurs statuts. Des élections étudiantes prévues en 2021 ont d’abord été annulées sous prétexte du Covid, alors que celle des représentant·es des professeur·es avait eu lieu quelques mois plus tôt. En 2022, de nouvelles élections ont été proposées mais au dernier moment, la veille des vacances avec seulement six jours pour faire parvenir les documents, empêchant les étudiant·es de soumettre la liste qu’ils avaient formée dans les temps et annulant de fait l’élection, faute de candidats.

Suite aux plaintes des étudiant.e.s, la direction de l’IED avait alors proposé des élections en octobre puis en décembre mais aucune des deux n’ont finalement eu lieu, donnant au final lieu à quatre années sans élections. Le Poing Levé Paris 8 a tenu à ajouter deux étudiantes de l’IED pour qu’elles puissent faire entendre les revendications de ce secteur d’étudiant·es dans les conseils, dans lesquels ils n’avaient jusqu’ici aucune voix. Les étudiant·es ont aujourd’hui enfin deux élu·es pour plus de 3600 étudiant·es inscrit·es cette année à l’IED. Les avoir maintenu·es sans représentant·e pendant une si longue période malgré leurs demandes et la nécessité pour elles et eux de se défendre est un grave déni de démocratie universitaire qui ne semble avoir été que partiellement comblé.

C’est dans ce contexte que la direction de l’IED se permet d’être à l’offensive, s’assurant qu’aucune voix contestataire ne vienne s’opposer à leurs projets. En 2022, la direction de l’IED avait voulu imposer le logiciel de télésurveillance TestWe, visant à imposer aux étudiant·es un système de reconnaissance faciale, une surveillance vidéo tout au long des examens et les obligeant à céder les droits administrateurs de leur ordinateur. Préoccupante sur le plan de la protection des données mais aussi vis-à-vis de la sélection sociale au sein de l’université, la plateforme proposant ce logiciel, comme mentionné sur son site, viserait à « préserver la valeur des diplômes » pour ainsi favoriser « l’attractivité » de l’université.

Face à cette attaque, les étudiant·es de l’IED mobilisé·es, soutenu·es par nos élu·es et d’autres organisations étudiantes, ont témoigné, mis la pression à la direction de Paris 8, et sont même allé·es jusqu’au tribunal administratif, ce qui leur a permis d’empêcher l’instauration de TestWe. Malgré cette victoire, l’Institut d’Étude à Distance a annoncé la tenue des examens en présentiel, et ce malgré le fait que la plupart des étudiant·es inscrit·es dans cet institut y sont car ils et elles ne peuvent pas étudier en présentiel : situation de handicap, résident·es à l’étranger, étudiant·es en charge d’enfants… Surtout, ces modalités de passage d’examens en présentiel n’ont jamais été votées au sein des conseils centraux de l’université Paris 8, en dépit de l’opposition ferme de l’ensemble des élu·es étudiant·es et de certains membres du personnel et professeur·es élu·es.

En plus de cela, nous apprenions lors du dernier conseil que la Mission Handicap de l’université Paris 8 rencontrait des difficultés pour accueillir les examens des étudiant·es handicapé·es de l’IED. Cette exclusion de fait de nombreux et nombreuses étudiant·es de l’IED de Paris 8 est un énième exemple du mépris orchestré en catimini par la direction de l’IED. Cette bataille contre le présentiel est toujours en cours, et les étudiant·es doivent chercher à s’organiser contre la casse de leurs conditions d’études. Une pétition en ligne a déjà été créée.

Ces agissements s’inscrivent dans la continuité des attaques menées par le gouvernement contre l’université publique. C’est le cas de l’université Paris-Cité, qui a réduit son budget de 24 millions d’euro cette année ou encore de Toulouse Mirail où les sessions de rattrapages ont été supprimées. Plus que jamais, les étudiant·es doivent s’organiser et défendre leurs droits démocratiques. Il faut dénoncer la casse de l’université orchestrée par le gouvernement, réclamer l’abolition des frais d’inscription pour permettre à toutes et tous d’étudier dans des conditions dignes, et en finir avec les logiques d’élitisme et de rentabilité dans nos universités, loin des intérêts et besoins du patronat.


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