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Assemblée ouvertes RP

Palestine, autoritarisme… : plus de 100 personnes pour l’Assemblée de Révolution Permanente à Bordeaux

Pour sa deuxième assemblée ouverte, RP Bordeaux a rassemblé plus de 100 militants et sympathisants le 10 novembre dernier à Bordeaux. L’occasion d'échanger sur la Palestine, les offensives antidémocratiques du gouvernement et les outils nécessaires pour développer le mouvement mondial de solidarité avec la Palestine.

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Palestine, autoritarisme… : plus de 100 personnes pour l'Assemblée de Révolution Permanente à Bordeaux

Crédit Photo : Révolution Permanente

Le vendredi 10 novembre, à deux pas de la mairie de Bordeaux dans la salle municipale de l’Athénée, plus de 100 personnes se sont réunies pendant près de deux heures pour la deuxième Assemblée ouverte de Révolution Permanente à Bordeaux. Cinq mois après la première assemblée ouverte au cœur des révoltes des quartiers populaires après la mort de Nahel par un policier qui avait rassemblé une cinquantaine de personnes, l’affluence pour discuter avec Révolution Permanente dans la ville a doublé.

Dans la salle, on trouvait des travailleurs de la santé, de l’éducation, des habitants de quartiers populaires, d’anciens gilets jaunes, ainsi que des jeunes, venus discuter principalement de la situation en Palestine et de ses perspectives. À la tribune, Marie Laure Charchar, secrétaire générale de la CGT blanchisserie du CHU de Bordeaux, et Jahan Lutz, étudiant militant de Révolution Permanente et du collectif de jeunesse Le Poing Levé, ont introduit et animé l’assemblée.

L’assemblée ouverte a donc été marquée par la situation en Palestine dès l’introduction : « La situation en Palestine depuis le 7 octobre provoque des chamboulements profonds dans une situation internationale qui était déjà convulsive », analyse Jahan. « Surtout, on est en train d’assister à un massacre dans la bande de Gaza, les bombardements et l’invasion terrestre concrétisent le projet d’épuration ethnique du sionisme. La guerre en Palestine n’a pas commencé le 7 octobre, et ce n’est pas non plus une guerre religieuse : depuis plus de 75 ans, l’État d’Israël impose sa domination coloniale et un apartheid en Palestine. »

L’introduction a suscité une discussion ininterrompue de deux heures qui à approfondir l’histoire de la Palestine, le caractère colonial d’Israël et l’importance stratégique que représente l’État sioniste pour les puissances impérialistes lui accordant un soutien inconditionnel dans le massacre en cours. De nombreuses questions ont été posées, parmi lesquelles celle d’un jeune étudiant venu via des tractages à l’université, scandalisé et interrogatif : « La position des États et des entreprises des pays occidentaux qui soutiennent inconditionnellement ce qui se passe en Palestine est choquante. J’aimerais mieux comprendre quels intérêts ont-ils à soutenir de cette manière Israël ? »

Cette interrogation reflète celles que peuvent se posent une large frange de la jeunesse confrontée, pour une partie, pour la première fois à la situation en Palestine et qui descend dans la rue malgré la répression pour manifester leur indignation face aux massacres de la population à Gaza et en Cisjordanie par Tsahal et les colons. Ainsi, permettant de revenir sur le rôle de la Grande-Bretagne, des États-Unis ou encore de la France dans le développement du sionisme au cours de la moitié du XXe siècle, les enjeux géopolitiques, économiques et stratégique pour ses puissances d’avoir une base avancée, militaire, pour protéger leurs intérêts dans la région ont été approfondis.

Cette discussion a soulevé des questions sur les échecs des solutions diplomatiques, notamment des deux États en Palestine que la diplomatie impérialiste tente de réenvisager à présent. « Cette perspective portée par les autorités internationales a toujours été de la plus grande hypocrisie. Israël n’a jamais respecté aucune résolution qui est sortie du cadre de l’ONU et les a constamment violées, » affirme Jahan. Il poursuit : « Avec le consentement et l’approbation des États impérialistes derrière les déclarations de façade, l’État colonial n’a jamais cessé d’étendre sa domination sur les Palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Aujourd’hui, cela ne va pas changer alors qu’Israël est en train de réaliser ce qui est l’essence même de son projet, l’essence du sionisme : l’épuration ethnique du peuple palestinien. »

À l’inverse des issues réactionnaires ou utopiques portées par les Etats occidentaux, l’Assemblée a permis de discuter des perspectives du mouvement de solidarité internationale avec la Palestine. La discussion a souligné le potentiel anti-impérialiste de ce mouvement, notamment à travers la dénonciation de la complicité des dirigeants internationaux, que ce soit Biden ou Macron, portée par une large frange de la jeunesse, en particulier les étudiants aux États-Unis. De plus, les manifestations massives dans les rues des pays arabe, réactivées par les bombardements de la bande de Gaza, ont pointé du doigt le rôle de leurs gouvernements dans la normalisation des relations avec l’État d’Israël.

À cet égard, les militants de Révolution Permanente ont insisté sur l’importance des comités de soutien avec la Palestine lancés depuis plusieurs semaines « afin de développer à la base le mouvement, sur les lieux d’études et de travail, de multiplier les initiatives pour élargir la mobilisation et pousser son caractère anti-impérialiste à l’image de ce qui a pu être fait au moment de la guerre du Vietnam. »

Les débats ont également abordé les répercussions de la situation en Palestine en France à travers la politique autoritaire et anti-démocratique inédite du gouvernement cherchant à criminaliser le soutien au peuple palestinien. Un renforcement de la politique répressive déjà mise en place depuis plusieurs mois pour mater les contestations, qui alimente également les politiques xénophobes et islamophobes du gouvernement. Une enseignante présente à l’assemblée ouverte témoignait ainsi avec émotion de son inquiétude face à la montée du racisme et de l’islamophobie dans l’éducation nationale, témoignant également de son sentiment d’impuissance et de solitude face à cette situation.

L’intervention et le questionnement ont fait écho à l’introduction de Marie Laure Charchar, soulignant l’absence d’une réponse conséquente des syndicats en faveur de la Palestine. En effet, en partant des bilans dressés par Révolution Permanente du mouvement contre la réforme des retraites et du rôle de l’inter-syndicale dans la défaite revendicative de la mobilisation, cette dernière a mis l’accent sur l’importance que les syndicats se préoccupent du génocide en cours à Gaza et soutiennent le combat contre la colonisation de la Palestine : « La CGT, depuis le début du conflit, est très frileuse sur le soutien à la Palestine alors qu’elle défend depuis toujours cette cause. Il aurait fallu un appel à une journée de grève en soutien au peuple palestinien le 16 octobre, en réponse à l’appel des syndicats palestiniens. »

« Des grèves en soutien à la Palestine, des blocages d’envois d’armes pour Israël, c’est possible, ça s’est fait en Belgique, en Angleterre, en Espagne ou aux États-Unis ; les dockers à Marseille l’ont déjà fait », poursuit-elle. « Il faut que le mouvement ouvrier s’empare entièrement du combat pour l’autodétermination de la Palestine, nos méthodes de lutte peuvent être un levier puissant pour les Palestiniens. »

En conclusion, la discussion a mis en lumière la nécessité d’une organisation révolutionnaire capable de peser dans la situation et de l’influencer. Un parti qui parvient à convaincre l’avant-garde de la classe ouvrière et de la jeunesse pour porter un programme et une stratégie révolutionnaire et internationaliste, et qui organise et influence des franges encore plus larges derrière la politique qu’elle déploie dans chaque lieu de travail, d’étude et de vie. Cette Assemblée a constitué un nouveau pas dans la construction d’un tel outil et marque la croissance de Révolution Permanente à Bordeaux.


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