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Répréssion syndicale

Montpellier. Ce jeudi, soyons nombreux devant le site de Sanofi en soutien aux grévistes sanctionnés

Suite au mouvement de grève reconductible qui a secoué le géant de l'industrie pharmaceutique Sanofi aux mois de novembre et décembre, l'entreprise mène une véritable opération de vendetta contre les dirigeants de la grève. À Montpellier, la direction locale n'est pas en reste, puisque ce sont 18 grévistes qui ont été convoqués à des entretiens disciplinaires !

Lucas Darin

1er février 2023

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Crédits photo : France 3 Régions

Dans le sillage de la grève des raffineurs, un conflit pour l’augmentation des salaires a éclaté à Sanofi à la mi-novembre, et a donné lieu à une grève reconductible impressionnante qui a duré 4 semaines et mobilisé jusqu’à 4000 grévistes.

Après avoir obtenu la fin de la mobilisation grâce à un cocktail d’offensives anti-grève->https://www.revolutionpermanente.fr/Greve-chez-Sanofi-a-Ambares-Face-aux-methodes-antigreves-de-la-direction-tenir-pour-nos-salaires] et l’appui d’organisations syndicales conciliantes, le groupe Sanofi se livre à une réelle opération de vendetta en ce début d’année. Une réalité qui tranche avec les belles promesses faites par écrit pour obtenir la signature de l’accord par la CFDT et la CFTC : « La direction s’engage […] à mettre tout en œuvre pour que le climat de l’entreprise soit apaisé entre tous les salariés de l’entreprise ».

Surtout, cette opération de répression semble particulièrement ciblée puisqu’elle se concentre essentiellement sur les militants syndicaux les plus combatifs de la grève. Ainsi à Ambarès, près de Bordeaux, un représentant CGT a reçu une sanction disciplinaire pour ne pas s’être présenté à sa visite médicale alors qu’il était en grève. Sur le site du Trait en Normandie, ce sont deux autres représentants CGT cette fois ciblés par deux procédures de licenciement pour faute lourde, autrement dit pour fait de grève ! Sur le site de Vitry, en région parisienne, c’est un autre militant de la CGT qui est convoqué le 7 février pour un entretien préalable avant la sanction pouvant aller jusqu’au licenciement.

Enfin, à Montpellier, la direction du site tape particulièrement fort : ce sont 18 grévistes qui sont sanctionnés ! L’un d’entre eux, ciblé depuis la mi-décembre, a déjà été licencié pour des raisons scandaleuses, la direction mettant notamment en avant ses relations jugées trop froides avec ses collègues.

Celle-ci ne s’est pas arrêtée là. En effet, elle a notamment envoyé un courrier de « recadrage » en recommandé à 15 salariés, ex-grévistes. Ce courrier, auquel nous avons eu accès, dit constater « la participation personnelle à ce mouvement illicite par procès-verbal », et déclare que la direction n’admet pas « toute forme d’action qui ne s’inscrirait pas dans le cadre de l’exercice licite du droit de grève ». Une véritable intimidation que la direction n’assume pas jusqu’au bout - sans doute pour ne pas choquer l’ensemble des salariés - en présentant ces lettres auprès de salariés comme « rien de grave ». Pourtant comme l’affirme le tract de Sud, « d’après l’article L1331-1 du Code du Travail, ce courrier constitue bel et bien une sanction disciplinaire ». Bien plus grave, chaque courrier est assorti d’un entretien avec l’encadrement, qui peut se transformer en véritable coup de pression de la part d’une direction désireuse d’en finir avec les salariés pas assez dociles à son goût. L’entretien individuel est une arme particulièrement puissante du patronat pour isoler les salariés, et briser ce qui fait notre force : notre unité et notre soutien mutuel. Dans la confidentialité d’un bureau, seul face à un ou plusieurs supérieurs, on ne peut qu’imaginer la pression, les insinuations, les attaques personnelles ou les menacées voilées subies par les salariés.

Enfin, comme dans les autres sites, les militants syndicales qui ont joué un rôle de direction dans la grève sont en première ligne dans l’opération de vengeance du patronat de l’entreprise. Marion et Sandrine, toutes deux déléguées syndicales SUD Chimie, sont convoquées jeudi 2 février pour une « sanction disciplinaire pour des faits constitutifs d’une faute lourde ».

Sandrine dénonce à notre micro une véritable « une vraie opération pour décapiter la lutte et anéantir la contestation dans l’entreprise. C’est de la discrimination syndicale : ce sont les représentants de SUD et de la CGT, les syndicats les plus combatifs, qui font l’objet des sanctions et des licenciements. Ils savent que s’ils nous répriment comme ça après la grève, ils sont tranquilles pour des années derrière. »

Malgré cette vague de répression scandaleuse, le moral est à la lutte et les militantes de Montpellier sont plus déterminées que jamais à se battre. En parallèle de leur entretien disciplinaire, un rassemblement de soutien appelé en intersyndicale est organisé devant le site de Sanofi, avenue du professeur Blayac, le jeudi 02 à 11h30.

Dans un contexte de mobilisation contre la réforme des retraites, il est essentiel de s’appuyer sur la dynamique de lutte qui existe pour apporter un soutien massif aux Sanofi, créer des ponts entre les secteurs en lutte, et des liens entre les militants. Les organisations du mouvement ouvrier ne peuvent laisser passer aucune sanction.

Pour montrer encore une fois au patronat que lorsqu’il s’en prend à l’un d’entre nous, c’est à nous tous qu’il s’attaque :

Toutes et tous devant l’entrée de Sanofi, avenue du professeur Blayac le jeudi 02 février à 11h30 !


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