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Les nôtres

Marcelo Nowersztern (1942-2024)

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris, mercredi 31 janvier, le décès de Marcelo Nowersztern. Internationaliste né en Argentine, militant de la révolution socialiste, il est mort en région parisienne à l’âge de 81 ans.

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Marcelo Nowersztern (1942-2024)

Crédit photo : Archives, famille Nowerzstern

Au tout début des années 2000, lorsque se constitua en France le premier regroupement relié à ce qui est, aujourd’hui, le réseau La Izquierda Diario, animé par la Fraction Trotskyste pour la Quatrième Internationale, il était impossible de ne pas connaître Marcelo et Ester. Comme nombre de ces militant.es révolutionnaires latino-américain.es que les brutalités de l’histoire avaient contraint à l’exil en France et qui étaient resté.es par la suite, Marcelo était de toutes les mobilisations et manifestations, à commencer par celles pour l’extradition de Pinochet après son arrestation à Londres, en 1998, ou encore tous les 24 mars, devant l’ambassade d’Argentine, en hommage aux militant.es tombé.es sous la dictature et aux 30.000 disparu.es.

Né à Buenos Aires dans une famille juive ashkénaze, en 1942, Marcelo était de ces militants qui ont traversé la seconde moitié du XXème siècle avec deux certitudes chevillées au corps : la première, que le monde, avec ses injustices et ses absurdités, devait être transformé de toute urgence ; la seconde, que l’URSS et les partis communistes qui lui répondaient, le socialisme de caserne et la grisaille bureaucratique, ne pouvaient incarner l’horizon révolutionnaire pour lequel il s’agissait de combattre.

Au début des années 1960, avec un petit groupe de lycéens de son âge, il participe au groupe Praxis avant de s’en détacher, bien décidé à passer à l’action militante. Si la Révolution cubaine et ses répercussions politiques dans toute l’Amérique latine le renforcent dans ses convictions, c’est néanmoins à travers une grille de lecture trotskyste qu’avec ses amis Marcelo va s’attacher à construire un petit noyau d’intervention en direction du monde du travail. C’est ainsi qu’en 1964 voit le jour Política Obrera - qui est à l’origine du Partido Obrero actuel, membre du FIT-U d’Argentine - organisation que rejoindra peu de temps après Ester, sa compagne de toute une vie. Et c’est sous le nom de Roberto Gramar, nom de plume autant que nom de guerre, que Marcelo va se lancer à corps perdu dans le militantisme, le plus souvent dans les conditions de semi-clandestinité qu’imposent les circonstances.

A l’époque et au cours des décennies suivantes, pour des questions de choix politiques et stratégiques, la trajectoire de PO se maintiendra en marge de celle du courant moréniste (PRT, puis PST et enfin MAS, dans les années 1980), en Argentine, et des courants internationaux du trotskysme auxquels le morénisme sera lié ou à l’origine desquels il sera (SU, puis LIT-QI, notamment). En lien avec la transformation de la situation dans le Cône Sud, Marcelo et Ester vont s’installer au Chili, à partir de 1971, pour y construire un petit regroupement militant. Après le coup d’État, à la suite duquel Ester est arrêtée, emprisonnée puis renvoyée du pays avec leur seconde fille, le couple se réinstalle en Argentine. Bientôt Marcelo est envoyé en France pour travailler au sein du courant international existant entre PO et l’OCI lambertiste. En 1975, c’est le gouvernement péroniste d’Isabel Perón qui est à l’origine de l’arrestation d’Ester, à nouveau incarcérée puis expulsée vers la France, où le couple se réunit avec ses deux filles.

Après la rupture entre PO et Lambert, après la chute de la dictature en Argentine, en 1983, Marcelo fait plusieurs allers-retours avec l’Argentine, mais c’est en France qu’il continuera à vivre. Economiste de formation, spécialiste, notamment, de questions de développement, il poursuivra ses recherches. Après « l’Argentinazo » de décembre 2001, nous partagerons avec lui l’expérience du Comité d’Appui aux Luttes du Peuple Argentin (CALPA). A la suite de la fondation du NPA, nous partagerons à nouveau un cadre militant, à partir, toutefois, de plateformes et de positions différentes.

Toujours disposé à échanger, d’une grande générosité, Marcelo « marquait » le terrain de la discussion politique comme d’autres marquent un attaquant ou un défenseur, au foot, une autre de ses grandes passions. Il y a quinze jours, maintenant, alors que l’Argentine se retrouve secouée par un nouveau mouvement de contestation de l’ordre néolibéral et autoritaire, Marcelo a tiré sa révérence, après avoir lutté pendant plusieurs années contre une dure maladie. A sa compagne, Ester, ses filles, petits-enfants, proches et ami.es, nous adressons nos plus sincères condoléances et leur assurons que nous défendrons sa mémoire à travers la poursuite du combat pour la révolution socialiste.


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