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Moyen-Orient

Israël bombarde le Sud du Liban et fait 14 blessés, une nouvelle étape dans l’escalade

Ce lundi, Tsahal a de nouveau bombardé le Sud du Liban, faisant 14 blessés dans la ville de Ghaziveh, alors qu'au moins 40 civils sont mort depuis le début des affrontements. Cette opération marque une nouvelle intensification des attaques d'Israël contre le Hezbollah, et fait craindre le pire pour les populations de la région.

Irène Karalis

20 février

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Israël bombarde le Sud du Liban et fait 14 blessés, une nouvelle étape dans l'escalade

Crédits photo : L’Orient Le Jour sur X

Ce lundi, des avions chasseurs bombardiers israéliens ont bombardé la ville de Ghaziyeh située à quatre kilomètres de Saïda, la capitale du sud du Liban. Deux explosions simultanées ont visé un entrepôt utilisé pour fabriquer des pneus et des moteurs ainsi qu’une usine de fabrication de pierre et de marbre. Au total, les frappes auraient fait quatorze blessés, dont au moins huit ouvriers travaillant à proximité d’un des sites visés selon l’AFP. Un commerçant témoigne auprès du média libanais L’Orient Le Jour : « J’étais debout à la porte de mon commerce, j’ai entendu le bruit des avions. J’ai su qu’une attaque allait arriver, j’ai entendu le bruit des missiles et j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds. Un puissant souffle m’a poussé de plusieurs mètres, par terre, et j’ai entendu des femmes hurler. Les dégâts sont lourds mais, Dieu merci, je n’ai pas été blessé. »

Si l’armée israélienne justifie ces frappes en expliquant avoir visé « deux entrepôts d’armes du Hezbollah » en réponse au lancement d’un drone par le Hezbollah dans le nord d’Israël, cette attaque constitue un nouveau saut dans la guerre que mène Israël dans la région. Alors que les tirs étaient jusque-là limités aux zones frontalières entre Israël et le Liban, les frappes de ce lundi ont été menées loin des lieux d’affrontements habituels, à 30 kilomètres de la frontière. Marquant une intensification du conflit, ces nouvelles frappes s’inscrivent dans la continuité de celles menées la semaine dernière dans plusieurs villages du Sud-Liban qui ont fait au moins onze morts dont huit civils, soit le bilan civil le plus lourd en quatre mois de violences entre Israël et le Hezbollah.

Ces opérations présagent d’une nouvelle aggravation des conditions de vie de la population du Sud-Liban, déjà très affectée par la guerre. Au total, 247 personnes ont été tuées dans le Sud du Liban, et parmi elles au moins 40 civils tués, avec également plus de 86 000 Libanais déplacés. Une situation qui fait écho à l’objectif caché d’Israël : vider le Sud-Liban de sa population et en faire une zone inhabitable pour les civils, par des méthodes déjà utilisées lors de la guerre de 2006, comme l’explique notamment l’ancien chef du bureau de Beyrouth de Human Rights Watch. Pour cela, l’armée israélienne n’hésite pas à utiliser des munitions au phosphore blanc, ces dernières ayant de graves conséquences sur la santé des populations mais aussi sur les cultures et les arbres des régions touchées.

Vendredi dernier, à la suite de raids israéliens dans le sud du Liban qui ont tué cinq combattants du Hezbollah et du mouvement allié Amal, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé que les attaques d’Israël ne resteraient pas sans réponse, expliquant : « Nos femmes et nos enfants qui ont été tués [...], l’ennemi paiera le prix de leur sang versé ». Hassan Nasrallah a également prévenu Israël que le Hezbollah « disposait d’une énorme capacité de missiles de précision » pouvant couvrir le territoire israélien « de Kiryat Shmona (Nord) à Eilat (Sud) ».

Au-delà des discours, il semble à l’heure actuelle que le déclenchement d’un conflit de grande envergure entre Israël et le Hezbollah ne soit dans l’intérêt d’aucun des deux acteurs. C’est en tout ce sur quoi parie les gouvernements libanais et étatsunien, qui espèrent cerner les opérations militaires dans une zone géographique définie pour empêcher l’explosion d’une guerre totale au Liban, ce qui pourrait impliquer l’Iran et, par conséquent, les États-Unis, qui n’ont aucune envie de s’embarquer dans un nouveau conflit direct et prolongé dans la région. Le média libanais L’Orient Le Jour relaie en effet cette hypothèse, à partir d’un entretien entre le premier ministre libanais, Nagib Mikati, et l’émissaire américain pour le Liban, Amos Hochstein : « De nombreux éléments semblent indiquer que les deux parties œuvrent toujours à trouver un règlement garantissant une stabilité à long terme à la frontière, un horizon qui se précise de plus en plus. ». En privilégiant ce scénario, une partie de la classe politique libanaise envisage donc de se résigner à ce que le Sud du Liban reste durablement une zone d’affrontements, quitte à ce que la région se vide de sa population. Une manière d’accepter de fait les desseins d’Israël pour la région.

Alors que le nombre de victimes du génocide à Gaza se porte à plus de 29 000 morts, les attaques génocidaires d’Israël contre les Palestiniens promettent de continuer à aggraver les tensions dans la région, aux frais des populations locales. Depuis les pays impérialistes, il est urgent de s’opposer à toute escalade meurtrière au Moyen-Orient, de lutter contre les interventions des armées impérialistes et de construire un vaste mouvement de solidarité contre la politique coloniale et meurtrière d’Israël.


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